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La symbolique
Clef des peurs
La peur, quelle qu'elle soit, est la symbolique d'une
émotion non gérée, non vécue. Si nous gérons l'émotion, la
symbolique disparaît. Ainsi, la peur et les symptômes
tombent.
La symbolique représente donc un message pour connaître
une partie de nous que nous mettons de côté dans notre vie
de tous les jours.
La plupart des approches thérapeutiques pour guérir des
peurs sont des approches cognitives, c'est-à-dire que la
personne devra être confrontée plusieurs fois à ses peurs
pour s'en désensibiliser graduellement. Il est vrai que
cette technique peut faire diminuer les peurs, comme celles
de se retrouver dans des endroits clos, dans les foules, les
restaurants, la peur de conduire sa voiture, un enfant qui a
peur de la noirceur, la phobie des araignées, etc. Ces
approches par contre, omettent de guérir la cause réelle de
la peur qui s'est manifestée sous forme de symbolique. Si la
cause réelle n'est pas réglée, comprise, elle se manifestera
d'une nouvelle façon. La peur trouvera une autre symbolique
pour refaire surface et pour tenter de faire comprendre le
message incompris.
L'approche cognitive à elle seule ne tient donc pas
compte de la symbolique qui représente l'émotion non compris
et elle ne traite malheureusement que le comportement à
adopter face à une peur. Ainsi, la peur n'est qu'anesthésiée
que pour une durée limitée.
Il existe plusieurs façons d'endormir une peur : les
anxiolytiques, les antidépresseurs, être confronté sans
connaître la peur sous-jacente, la programmation de pensées
positives et surtout la banalisation, de se faire croire par
l'évitement que cela ne nous dérange pas. Mais tout ceci ne
fait qu'augmenter la peur qui un jour ou l'autre
réapparaîtra encore plus forte.
Les médicaments servant à endormir les peurs se vendent à
très grande échelle. Cela nous démontre que des millions de
gens vivent des peurs tous les jours sans les guérir. La
prise de médicaments est parfois nécessaire, mais à elle
seule, sans thérapie axée sur les émotions, est vouée
inévitablement à l'échec. C'est l'une des raisons pour
lesquelles le taux de rechute après l'arrêt
d'antidépresseurs est si élevé. La peur demeurant endormie,
dès qu'elle se réveille après la prise de médicaments,
reprend de plus belle créant une rechute chez l'individu.
L'agoraphobie est une forme de peur et je l'ai vécue
pendant plus de 13 ans. Ce vécu, ajouté à mes études m'a
amenée à vouloir comprendre les peurs et les guérir de façon
définitive. Lorsque nous comprenons leur message, les peurs
se dissolvent comme elles n'avaient jamais existé. À titre
d'exemple, l'enfant qui aurait peur de la noirceur pourrait
être la symbolique de la solitude que l'enfant ressent,
l'abandon.
Toutes ces peurs représentent donc des émotions non
gérées.
Il existe quatre façons de gérer ses émotions. Lorsque la
personne sera en présence d'une émotion, elle pourra y
réagir selon l'une ou l'autre des façons suivantes :
- Sa réaction sera de se dévaloriser. La conséquence
sera ultimement la dépression;
- Sa façon de réagir sera d'essayer de contrôler. La
conséquence sera de développer des dépendances, tels la
boulimie, l'anorexie, la dépendance affective,
l'alcoolisme, la drogue, etc.;
- Sa réaction sera de banaliser, de se faire croire
que cela ne la dérange pas, de renier;
- Gérer les émotions, ce qui veut dire observer,
analyser, comprendre, accepter et finalement, de passer
à l'action. La conséquence nous amènera à être bien, en
équilibre.
En résumé, la peur cherche notre attention à travers les
symptômes sur un sujet de notre vie auquel nous avons peur
de faire face. La peur est alors la conséquence de ce que
nous avons fait ou pas avec nos émotions. La peur essaie par
son message, véhiculé par les symptômes, de nous ramener à
l'ordre pour que nous puissions régler ce avec quoi nous ne
sommes pas en accord et nous amener à être équilibrés.
Les sentiments que nous éprouvons lorsque nous sommes en
présence d'une peur sont ceux que nous évitons dans notre
vie.
Si le fait de vivre des peurs dans notre vie, par
exemple, nous donne le sentiment de n'être qu'un minable,
c'est précisément ce sentiment que nous évitons dans notre
vie de tous les jours. Nous ferons tout pour renier ce
sentiment de ne pas être bon, ce qui mettra sur la personne
une pression et les symptômes ressurgiront pour nous faire
prendre conscience de notre véritable peur. Pour résumer, ce
que l'on croit être la conséquence est en fait la vraie
cause des symptômes.
En ce qui concerne les jeunes enfants, plusieurs vivront
diverses peurs incomprises des parents. Nous aurons tendance
à sécuriser l'enfant en raisonnant sa peur. À titre
d'exemple, nous lui dirons qu'il n'y a personne dans le
garde-robe, que maman et papa sont là, qu'il n'y a pas de
danger, que personne ne peut entrer dans la maison, les
monstres n'existent pas, etc. Ces affirmations ne font
qu'apprendre à l'enfant à renier ses véritables peurs.
La manifestation ne détermine pas la vraie chose. Je peux
affirmer me sentir prise comme l'araignée dans sa toile,
alors que la vraie chose c'est que j'ai de la difficulté à
m'exprimer et prendre ma place. J'aurai alors recours à une
métaphore pour décrire mon état. Je dois aller plus loin
pour déterminer la vraie chose. Où je me sens prise dans ma
vie? Le faux motif représente l'endroit. Les symptômes
physiques représentent la façon dont j'ai géré l'émotion et
la pensée phobique, la rumination, représentent l'évitement
à ressentir.
En conclusion, une clef de guérison très importante est
de laisser tomber les masques, de nous accepter tels que
nous sommes. Nous avons tous tendance à mettre un masque
pour nous montrer fort, parfait, à l'abri des erreurs, être
performant, le meilleur dans tout. Ce masque devient très
lourd à porter. Nous ferons semblant que des choses ne nous
dérangent pas alors que c'est faux. Nous allons tolérer des
situations dans lesquelles nous ne sommes pas bien. Nous
tenterons de faire bonne figure à tout moment. Comme de nos
jours la performance est très recherchée, c'est la raison
pour laquelle les personnes souffrent de plus en plus de
peurs. Nous devons nous ramener à l'essence même de ce que
nous sommes, c'est-à-dire un être humain et non un faire
humain.
C'est en faisant face à ce que nous sommes que nous
devenons des êtres authentiques et que nous sommes capables
de faire face à la réalité.
La peur, bien qu'étant souffrante, ne veut que notre
attention pour que nous allions guérir nos blessures
intérieures ou nos fausses croyances.
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